Niz’art 2018 : Premières réflexions sur le thème : Ailleurs

Définitions :

-          En un autre lieu que celui où l’on est

-          Autre part

-          Autre origine ou cause que celle attribuée à un problème donné « cherchez la solution ailleurs »

-          Contraire de : ici, là

L’ailleurs, cet endroit où nous ne sommes pas, est empreint d’exotisme et de fascination. Alors que l’ici est l’endroit qui m’incarne.

Les notions d’espace et de temps étant difficilement séparables, ailleurs est souvent situé dans un espace temporel différent, voire hors espace et hors temps. Et tout particulièrement celui qui est « ailleurs » ! Le mot ailleurs peut aussi sous-entendre une sortie de la réalité (songe, chimère, utopie, onirisme, fantasme…)

 

L’ailleurs dans l’art :

L’ailleurs dans l’histoire de l’art :

L'ailleurs pour l'art représente une source d'inspiration alternative à la recherche d'une plus grande proximité, d'un plus grand réalisme qui est, tout autant, source de renouveau et de rupture. Ainsi le baroque du Caravage prend-il sa source dans l'observation des miséreux de son temps et le réalisme de Courbet dans l'observation de ses proches. Néanmoins l'ailleurs géographique (exotisme, orientalisme) ou historique (ressourcement dans la culture antique ou gothique) voire hors âge adulte (art naïf ou art brut) a-t-il été à l'origine de mouvements aussi importants que celui de la renaissance italienne, du néoclassicisme de l'académisme, du romantisme et du symbolisme et de tous les mouvements qui ont prôné la rupture avec un présent sclérosé.

L’ailleurs dans l’art contemporain :

Un des effets de la globalisation est qu’il devient de plus en plus difficile de distinguer l’ici de l’ailleurs. Les artistes contemporains réinterrogent l’ici pour trouver l’ailleurs. Ils revisitent la nature, le quotidien, les corps :

L’homme semble en effet avoir pris une fois pour toute la mesure d’un monde où il n’y a plus, ou presque, de terres inconnues, donc plus d’étrangeté ni d’exotisme. Cette uniformisation de l’ici et de l’ailleurs enlèverait à l’Art une part de son enchantement ? Tous les artistes, pourtant, ne se soumettent pas à cette évolution et explorent la nature et le corps, en quête de nouveaux territoires de l’ailleurs. Le land Art  traite la nature entière et le paysage comme un matériau. Il intervient dans le processus même de la nature et laisser ensuite celle-ci modifier, puis effacer les traces de l’action humaine. Ils proposent aux spectateurs de se plonger dans l’œuvre, et le un paysage devient l’occasion d’une expérience esthétique. Ces œuvres nous placent devant le mystère de l’univers, devant la terre et ses spectacles. Elles nous emportent dans une quête mystique et nous invitent au voyage. Un voyage quelque part spirituel.

D’autres artistes se sont émancipés des territoires de l’art pour aller vers la ville, à la recherche de ce qu’elle a à offrir en termes d’expérience, et se sont intéressés à la valorisation esthétique des objets, des signes et de l’environnement du quotidien. Après 68, la volonté de perturber l’ordre établi, a poussé leur art à investir à la fois la ville, la vie quotidienne et les problématiques sociétales.

L’uniformisation des sociétés a entrainé la fragilisation des identités en renforçant le dualisme du corps et de l’esprit. Ainsi le corps est devenu un objet sur lequel on peut agir, que l’on peut transformer, perdant sa racine identitaire.

En cherchant l’ailleurs dans le corps, dans les objet ou a nature, les artistes rendent prégnante la question de l’identité de l’ici !

 

L’ailleurs dans l’art, ce peut être :

-          un miroir de l’histoire :

L’ailleurs peut se dissimuler sous la recherche nostalgique d’une époque ou d’un espace révolu, ou de sa reconstruction idéalisée.

-          un ressourcement primitiviste

Ce peut être nostalgie d’une spontanéité que les canons esthétiques ont fait perdre : l’art brut.

-          Un exotisme

Enfin, l’Ailleurs questionne notre appropriation des arts exotiques venus des pays des arts primitifs (expositions coloniales, Douanier Rousseau, Picasso, Gauguin, musée du quai Branly…).

Ailleurs : les sources et sens différents selon la définition de l’Ailleurs :

-          les époques révolues (temps) : selon les époques les artistes se réfèrent à l’Antiquité, l’Égypte ancienne, aux celtes ou au romantisme…

-          les pays lointains (espace) : l’exotisme des espaces non occidentaux, l’orientalisme, l’aventure spatiale, le fantastique, la science-fiction, la spiritualité…

-          l’ailleurs mental : l’inconscient des surréalistes, l’art brut, … « Le seul voyage est le voyage intérieur. » R.M. Rilke, c’est une utopie qui révèle un horizon toujours désirable

-          l’étranger, l’autre : la confrontation en termes de savoirs et d’inconnu (dont l’ethnocentrisme, le métissage des cultures…)

Deux types de création et d’influence

-          relative aux «images» et aux styles (analyse formelle de l’œuvre, sortir du cadre,…)

-          relative aux matériaux, techniques et procédés de mise en œuvre et de réalisation

 

Expressions et citations :